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dimanche 21 décembre 2014

du 8 au 12 décembre : Luang Prabang

La plupart des voyageurs tombe rapidement sous le charme de Luang Prabang, joyau du Laos, niché entre le Mékong et la rivière Khan.  La ville, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO est très belle et vaut vraiment le détour. Il y règne une atmosphère unique. Avec les panneaux de signalisation français et les maisons coloniales, par moment on a l’impression d’être dans une petite ville du sud de la France quelques décennies en arrière. Et d’un autre côté, le marché de nuit, les moines et temples bouddhistes vous rappellent que vous êtes en Asie et confèrent à la ville un sentiment de sérénité.
Cependant, notre rencontre avec la ville ne sera pas un coup de foudre. Il nous faudra un peu de temps pour commencer à l’apprécier.
Elle est très touristique et vise un tourisme un peu plus "bobos" que backpackers. (Les prix s'en ressentent) Dans les rues principales, vous avez plus de chance de croiser des touristes et des expatriés qui ont investi dans la ville que des locaux. Et pourtant, dès qu’on s’éloigne, on trouve que les rues sont sales. Par endroits, les abords du Mékong ressemblent à de véritables dépotoirs et pourtant la vue y est magnifique.


Pour Maminette : une maison avec des volets bleus qui fait penser à l'île d'Yeu 
 Nos premières expériences dans la ville nous donnent aussi le sentiment que le rapport aux touristes n’est pas aussi simple et franc qu’en Thailande. En Thailande après avoir négocié, les gens gardent le sourire, discutent et plaisantent. Ici, on est accueilli avec de grands « Sabaidee ». Mais une fois qu’on s’est mis d’accord sur le prix et qu’on a payé la prestation, les gens se ferment complètement.
Bon, on sait bien qu’on ne peut pas généraliser à partir de notre petite expérience qui se limite au Slow boat, Pakbeng et quelques jours à Luang Prabang. Mais c’est notre ressenti. Du coup, les premiers jours, c’est vrai qu’on se renferme un peu et on s’agace de tous ces petits détails (certes peu importants) qui font les voyages en Asie : (notes de restaurant fausses, prix pour touristes disproportionnés par rapport au niveau de vie du pays, négociations pénibles)
Tout le monde nous a décrit un peuple lao gentil et accueillant, alors peut-être que nos attentes étaient trop élevées avec ce pays ou peut-être que nous avons manqué de chance dans nos premières rencontres.
Mais rassurez-vous, nous ne sous sommes pas enfermés dans notre chambre pour autant. Et en attendant que le vent tourne, nous avons profité de ce que la ville a à offrir aux touristes :

… de très bons croissants …
… de bons repas, sur les bords du Mékong…

… une belle journée aux magnifiques cascades de Kuang Si…




rassurez-vous une grille nous sépare des ours du centre de conservation près des chutes de Kuang Si

… un coucher de soleil du haut du Mont Phousi…


Bon apparemment, nous n’étions pas les seuls à avoir lu le guide!

…. Des après-midi à se balader...


... et à visiter des temples…



… et des soirées à flâner sur le marché de nuit.

le fameux buffet où on remplit son assiette pour 15 000 kips (1,50 €)
après tout celà, un bon petit massage des pieds...

La ville aura été aussi l'occasion de visiter le centre UXO qui fait de la prévention auprès de la population pour réduire les risques liés aux mines anti-personnelles non explosées dans la région. Un film est présenté avec le témoignage d'enfants qui en ont été victimes. Ca a beaucoup marqué Thibault et Elise. A la campagne, ils nous demandent tout le temps si c'est déminé et s' ils peuvent jouer ou creuser dans le sable.


La principale « attraction touristique » de la ville est l’aumône des moines le matin  : « Tak Bat ». Le rituel bouddhiste a lieu partout au Laos. On avait pu y assister par hasard à Pakbeng. Mais c’est à Luang Prabang qu’il y a le plus de moines, alors c’est un moment très beau qui est donc devenu très touristique. Des panneaux placardés dans la ville rappellent aux touristes les règles pour ne pas perturber le rituel (Ne participer que si cela a un sens pour nous, se tenir à plus de 3 mètres des moines pour prendre des photos, ne pas utiliser de flash,…) 
Réveillée vers 5H40, je décide de m'y rendre discrètement pour me faire mon opinion. Et bien, il semblerait que tous les touristes ne lisent pas les recommandations. Mais surtout des tour-operators ont transformé ce rituel en un véritable business.
Si vous y assistez dans la rue principale, le côté business touristique a bel et bien pris le pas sur le rituel bouddhiste. Les touristes sont déversés par mini-bus entiers. On les installe bruyamment pour qu’ils participent à la quête.
Vers 6 heures, les moines sont jetés dans la fosse aux lions. Je n'ai pas de belles photos car mon appareil n'est pas très performant de nuit et je me tenais sur le trottoir d'en-face.



Quand les mini-bus ramènent les touristes à l'hôtel, il ne reste plus que les croyants. La rue retrouve un peu de sérénité...



Les moines ne gardent que ce qui leur ait nécessaire pour leur unique repas de la journée. Ce qu’ils ont en trop, il le donne à des enfants pauvres qui attendent en fin de procession. J’avais aussi entendu une autre version qui dit qu’ils jettent dans des corbeilles ce qu’ils ont en trop. Après, les femmes qui vendent la nourriture aux touristes pour qu’ils participent, trient les cartons et corbeilles pour reprendre ce qui a été jeté.  Je peux témoigner des 2. Peu après le rituel, j’ai vu, sur les bords du Mékong, des enfants manger ce que les moines leur ont donné. Mais j’ai aussi vu les femmes trier les corbeilles pour reprendre ce qui sera certainement remis à la vente le lendemain. Je comprends mieux pourquoi une des recommandations est de ne pas donner la nourriture vendue dans les rues car elle rend les moines malades....
Il me semble que, si elles le voulaient, les autorités de la ville pourraient prendre des mesures simples pour redonner un peu de tranquillité et de sérénité aux moines. (Interdire les mini-bus dans la rue, obliger les touristes à rester sur le trottoir d’en-face,…) C’est à se demander si les intérêts économiques n’ont pas déjà pris le dessus.
Mathias et les enfants ont bien fait de rester dormir à l'hôtel. 
Thibault qui est plus cynique que son père et sa mère réunis n’a toujours pas compris à quel moment on distribue aux moines les téléphones portables qu’ils utilisent pour jouer pendant les prières en fin de journée. (Ca aussi, on peut en témoigner. On l'a vu)

Bien conscients que Luang Prabang n’est pas représentative du Laos, nous ne voulons pas quitter le pays sur ce sentiment. Vu l’état des routes, il n’est pas recommandé de louer une voiture. Il nous reste une semaine avant de prendre notre vol pour Hanoi. On choisit donc de rejoindre la petite ville (ou gros village) de Nong Khiaw à 4 heures de route sur les bords de la rivière Nam Ou. On espère bien y retrouver un peu plus d'authenticité.

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